Jamais 2 sans 3. Ce jeudi 4 février, j’ai à nouveau participé à une conférence JeSuisFantasTIC.
Le thème du jour de la soirée était: “Economisez en gérant mieux vos licences de logiciels informatiques”.
Cette fois-ci, ce sont les bâtiments de l’UCM à Mons qui accueillent 13 participants et 2 orateurs: Vincent Cornet de chez Microsoft représentant la Business Software Alliance et Christian Huvelle, l’expert du jour.
Pas de lien vers un profil de Vincent Cornet, c’est dommage pour un orateur, un profil très laconique existe toute fois sur LinkedIn. En Googlant sur le nom de l’orateur, on découvre qu’il apparaît dans plusieurs communications officielles de Microsoft en qualité de Anti-piracy Manager chez Microsoft BeLux ainsi dans plusieurs interviews de medias Belges.
Les 2 orateurs semblent se connaître et utilise une présentation commune qui a été mise en ligne : Les slides de la présentation. Merci à James van Wayenbergh, c’est via un tweet de JeSuisFantasTIC que je l’apprends. J’espère que comme discuté cela pourra augmenter les nombres de personnes qui verront cette présentation.
Vincent Cornet entame la première partie et présente la BSA et fait passer le message “utiliser un software de manière illégal c’est mal, et ça peut vous coûter très cher”.
La forme de la présentation projetée est trop scolaire. Heureusement, l’orateur s’en sort assez bien et l’ajout anecdotes maintien l’attention de l’audience. Mais à force d’anecdotes, on tombe dans les travers et les clichés: jusqu’à l’exemple de Phishing qui est complètement hors sujet en passant par le téléchargement sur internet qui ralentit le réseau et qui amène de vilains virus. Certains exemples m’ont bien fait sourire.
Entre 2 anecdotes, l’orateur épingle ça et là des chiffres clés pour marquer le message. J’en reprends ici deux:
- 25% de logiciels n’ont pas de licences appropriées en Belgique (pour le milieu du Business) Ca semble énorme, oui et non car visiblement ce chiffre est dans le peloton de tête pour l’Europe dixit Vincent Cornet.
- L’amende d’une constatation de défaut d’une licence pour un software est souvent de l’ordre de 3à4x le prix de cette licence. => Et cela monte vite: 66K€ en moyenne, y a de quoi tuer une TPE ou une petite société avec de telles amendes.
Les mots utilisés dans le texte des slides m’énervent, mais je soutiens le message de manière générale et je m’abstiendrais d’interrompre l’orateur pendant sa présentation. Mais clairement, je dis non à l’utilisation à tord et à travers des mots “pirate”, “piraterie” qui parcourent tous les slides. Arrêtez ces gros clichés bateau. Soyez plus intelligent, pointer plutôt l’utilisation frauduleuse et illégale d’un programme. Le message n’en sera que plus net.
Bref, comme l’admet Vincent Cornet à la session de networking plus tard, le message se veut percutant. Le but ici n’est pas de réprimander, mais de susciter l’intérêt vers l’utilisation légale des logiciels.
Logiciels qui sont édités par les sponsors de la BSA! Cet organisme *partial* se fiche donc éperdument qu’un logiciel d’un petit éditeur local soit utilisé avec ou sans licence:
“Non, non,non, n’utilisez pas de manière illégale les logiciels de mes sponsors, c’est mal! Euh, les autres softs? Bah, je m’en fous, installez-les de manière légale ou illégale, ce n’est pas mon problème.”
Bon ok, ce n’est pas sorti tel quel de la bouche de l’orateur mais ce n’en était pas loin.
Naïvement penser qu’un tel organisme couvrirait l’ensemble des softwares utilisés dans une entreprise est une erreur. De plus, il ne semble pas y avoir une telle autorité en Belgique. (Europe?).
*Tout* logiciel doit avoir une licence appropriée quand il est installé sur un ordinateur dans une entreprise. Qu’il soit issu d’un grand groupe fournissant des logiciels ou d’un petit éditeur local.
Arrive, la deuxième partie présentée par Christian Huvelle. Je m’attendais à une présentation sur les capacités techniques pour gérer les licenses, il n’en sera rien. Le sujet tournera autour de la gestion des licences pas des moyens non-informatiques ainsi que les risques qui y sont associés: “Prévenir pour mieux guérir”. L’orateur ne semble cependant pas à l’aise dans la présentation et cherche le fil rouge dans ces slides. Cette deuxième partie est inégale, par moment décousues, par moment bien faite. Cependant cela semble faire mouche auprès de l’audience.
J’interviendrais une fois durant cette partie, énervé par ce que j’entends. Je ne peux pas laisser dire que supprimer les droits administrateurs sur un PC va aider la TPE à mieux gérer son parc informatique et les programmes ainsi que les licences qui y sont installés. C’est complètement illusoire et inapproprié. De plus en plus d’applications détournent ces restrictions. En outre, cela amène souvent des problèmes applicatifs ou rend l’installation correcte d’une application plus ardue. Deuxièmement, la maintenance d’un ordinateur qui n’a pas les droits d’administrateurs dans le contexte d’une TPE ou d’une petite PME requiert plus d’outils et d’expertise informatique. Or force est de constater que cette capacité à gérer l’informatique est souvent un point faible dans une TPE/PME. Bref, on rate la cible (empêcher l’utilisation d’applications qui n’ont pas de licences appropriées) et on crée des problèmes dans l’exécution des tâches quotidiennes sur l’ordinateur.
Une meilleure réponse est la mise en place d’une charte de bonne conduite informatique; encadrer, conscientiser et responsabiliser est une meilleure approche. C’est un sujet qui a été souligné dans la présentation. Vincent Cornet rebondit d’ailleurs sur cet aspect et embraye dans la même direction. Pour info, il existe des templates sur le net adapté pour la belgique. Voici plusieurs points de départ, ici (AWT.be), ici (easi.wallonie.be) et ici (DroitBelge.net).
La présentation conjointe des 2 orateurs se terminent par une partie de questions-réponses. Les participants semblent avoir capté avec intérêt le message “bâton”, les questions sont nombreuses, fort proches du cas “possiblement réel” voir “réellement possible”.
J’épingle pour terminer une remarque à un moment du débat qui tournait sur Microsoft Office: Microsoft Works existe toujours; c’est une offre gratuite qui peut,plus souvent qu’on ne le croit, convenir pour des utilisations simples de bureautique. A cela, j’ajoute, l’utilisation éventuelle d’un produit tel que OpenOffice. Mais ce n’est pas le débat de mon article d’aujourd’hui.
Contenu “post-séminaire” via un tweet de JeSuisFantasTIC: 4 conseils pour gérer ses licences informatiques dans son entreprise.
Alors, êtes-vous en ordre de licences pour les applications installées sur vos ordinateurs dans votre société ? Dans le doute, cela vaut vraiment la peine de faire l’exercice.






